5 peurs, 5 défenses

5 Peurs - 5 positions défensives

qui apparaissent lors du développement de tout être humain

                                                                 
La chronologie des différentes étapes du développement de l’enfant nous a tous confronté à ces 5 peurs qui sont devenues des conditionnements inconscients dirigeant notre enfance, notre adolescence... 
Elles nous dirigent encore maintenant dans notre profession, notre vie sociale, nos relations amoureuses.

 Dès la naissance apparaît la peur d'un contact peu sécurisant.  Alexander Lowen l’a appelé "schizoïdie". Notre mental l’interprète comme un rejet.
Dans le liquide amniotique nous n’avions jamais trop froid ni trop chaud. Seule solution pour retrouver cet état : fermer les yeux, nostalgie d’un ailleurs idéal, nous enrouler sur nous-même et rêver, nous retrouver seul dans la plénitude de l’instant, 1ère défense.
Aujourd'hui encore cette peur inconsciente nous pousse à nous exclure nous-même, avant même d’être exclu par les autres.

 Ensuite, entre 1 et 3 ans apparaît la peur de perdre le lien, de ne pas être aimé. Alexander Lowen l’a appelé "oralité". Notre mental l’interprète comme un abandon
Nous avons eu faim, un liquide tiède a coulé dans le fond de notre gorge et la sensation a quitté notre ventre. Mais elle est revenue, nous avons à nouveau eu peur, le liquide ne venait pas, la force vitale nous quittait. Finalement, il arriva, alors dorénavant nous pleurerions plus vite et plus fort, 2ème défense, il fallait absolument que les formes qui nous entouraient nous entendent et nous donnent ce dont nous avions besoin
Dans notre enfance, nous avons pu éprouver ce genre de sentiments, ce vécu d’abandon, nous avons redouté la séparation, la rupture du lien établi. 
Aujourd'hui encore il nous arrive de nous sentir démuni, incapable de formuler clairement une demande de peur d’essuyer un refus. 

 Au stade de l'autonomie (1 à 3 ans) apparaît la peur dêtre obligé d’accepter un abus de pouvoir. Alexander Lowen l’a appelé "masochisme". Notre mental l’interprète comme une humiliation
L’extérieur a commencé à vouloir nous imposer sa loi, ne pas hurler, manger des substances étranges, faire pipi sur le pot, aller dormir, prêter nos jouets, dire merci. Pour continuer à recevoir de l’amour, une seule solution : abdiquer, 3ème défense. Nous avons alors décidé de ne plus jamais dire ce que nous désirions vraiment, de ne plus jamais partager ce que nous ressentions, de ne plus jamais montrer qui nous étions, de rester caché car de toute façon les autres ne nous comprendraient pas. Nous nous sommes sentis contraint, abusé, envahi, non respecté, voire même humilié par autrui. Nous ne pouvions pas, nous n’osions pas montrer nos limites et affirmer nos besoins par crainte que le manque de respect et l’humiliation ne se reproduisent. Nous nous sommes renfermé, caché, sans dire notre vérité. 
Aujourd'hui encore nous vivons des situations de contrainte, d’envahissement, d’abus ou d’humiliation. Face à l'attitude des autres, nous n'osons plus exprimer notre vérité, notre besoin d’indépendance et de liberté, nos limites. Nous pouvons même éprouver la satisfaction de n’en faire qu’à notre tête, parfois en cachette, de nous opposer sans réellement dire qui nous sommes vraiment, sans parvenir facilement à dire "non". 

 Entre 2 et 4 ans apparaît la peur de ne pas être aimable. Alexander Lowen l’a appelé "psychopathie". Notre mental l’interprète comme une trahison.
Nous avons accepté toutes les règles de nos parents et évité de pleurer en essayant de ne plus montrer nos aspirations personnelles. Cela ne nous avait pas servi à grand-chose d’être gentil car nos parents nous mentaient pour obtenir notre docilité. Pour échapper à ce piège il suffisait donc de faire la même chose, on ne nous y reprendrait plus même si nous devions manipuler et trahir à notre tour. 4ème défense : nous allions contrôler tout et tout le monde
Aujourd'hui encore nous vivons des situations où nous avons l’impression d’être trahi, manipulé. Piégé dans des rapports de force, ayant peur de perdre le contrôle d’une situation, nous nous surprenons à manipuler ou à trahir à notre tour, pour avoir raison.  

 Vers 4 à 6 ans puis à notre adolescence apparaît la peur de ne pas être accepté tel que nous sommes. Alexander Lowen l’a appelé "rigidité". Notre mental l’interprète comme une interdiction d’être nous-même.
Nos parents nous avaient appris ce qui n’était pas convenable, ce qu’il ne fallait pas faire en public, ce qu’il ne fallait pas dire. C’était peut-être cela être un adulte, faire en cachette ce qui n’est pas convenable ou ne pas faire ce qui n’est pas convenable. Nous avons commencé à comprendre qu'il fallait toujours être adapté aux situations. Nous avons alors décidé de jouer le jeu, d’essayer en toute circonstance de sauver les apparences, 5ème défense. Lorsque cela est devenu trop difficile à supporter, nous avons réglé le problème en nous interdisant même de penser à ce qui pourrait nous faire vraiment plaisir. 
Dans notre enfance notre spontanéité n’a parfois pas été bienvenue. Puis nous avons eu notre "crise d’adolescence". Aujourd'hui encore nous pouvons nous sentir prisonnier(ère) des impératifs de perfection et de performance que nous nous imposons, nous ne pouvons plus nous accepter sans jugement.

A chaque étape chacun de nous a rencontré de plus ou moins grandes difficultés. Nous avons tous misé sur une stratégie de défense ou sur une autre : attraction, séduction, manipulation, tenta­tive de contrôle, agression, domination, soumission, dépendance, repli sur soi, fuite, répulsion... 

D’inconscientes, ces stratégies sont devenues des conditionnements qui s’activent en fonction de la situation que nous vivons. La pratique de la Présence nous permet d'en prendre conscience puis d'en sortir.